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Published on: 24/07/2025

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 Population rassemblée au pied du château d’eau de Guido – Crédit : IRC
Population rassemblée au pied du château d’eau de Guido – Crédit : IRC

Le mercredi 16 juillet 2025, la région du Centre-Ouest a accueilli une mission de terrain dans les communes de Réo et Sabou. Une délégation composée du gouverneur par intérim, des autorités communales, des services techniques déconcentrés et des responsables du consortium IRC-Oxfam a sillonné les villages de Guido (Réo), Rouré et Koupéla (Sabou) pour constater les réalisations et échanger avec les populations bénéficiaires dans le cadre du projet « Partenariat pour le développement des services d’eau potable et d’assainissement ».

Ce projet, financé par l’Union européenne à hauteur de 2,5 milliards de FCFA sur quatre ans, s’inscrit dans le vaste programme d’appui au développement humain et aux services sociaux de base dans la zone OKDB (Ouagadougou-Koudougou-Dédougou-Bobo). Sa mise en œuvre repose sur une approche de co-construction entre acteurs techniques, autorités locales et populations bénéficiaires. Sur le terrain, les effets commencent à se faire sentir. 

À Guido, l’eau change la vie

Première halte dans le village de Guido, commune de Réo. Là, un système d’adduction d’eau potable flambant neuf a été installé. Il comprend une pompe immergée, huit panneaux solaires de 250 watts, un château d’eau d’une capacité de 10 m³, deux (02) bornes-fontaines et un réseau de distribution extensible. Pour les habitants, c’est une véritable révolution.

« Nous étions en enfer, mais à présent nous sommes au paradis », confie Clémentine Etio Kanzié, une habitante émue. Elle témoigne du calvaire quotidien que représentait l’accès à l’eau, entre corvées interminables et qualité douteuse. Aujourd’hui, les bornes-fontaines leur permettent d’avoir une eau claire, propre, disponible à proximité.

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Clémentine Etio Kanzié, bénéficiaire du nouveau système AEP de Guido – Crédit : Lefaso.net
Clémentine Etio Kanzié, bénéficiaire du nouveau système AEP de Guido – Crédit : Lefaso.net

Rouré en attente, mais déjà engagé

À Rouré, dans la commune de Sabou, le système d’adduction est en cours de finition. Le château d’eau est déjà érigé, les panneaux solaires installés, et les travaux de canalisation avancent. Mais l’eau n’est pas encore là. Qu’à cela ne tienne, la communauté se prépare déjà à la gestion future des ouvrages.

Le gouverneur par intérim de la région, Adama Jean Yves Béré, s’est adressé aux populations avec un message clair : « Il ne faut pas attendre que tout soit terminé pour penser à la gestion. C’est maintenant qu’il faut s’organiser pour que les installations soient durables. »

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Le gouverneur par intérim de la région, Adama Jean Yves Béré s’adressant à une habitante de Rouré – Crédit : Lefaso.net
Le gouverneur par intérim de la région, Adama Jean Yves Béré s’adressant à une habitante de Rouré – Crédit : Lefaso.net

À Koupéla, l’assainissement scolaire prend racine

La tournée s’est achevée dans la commune de Koupéla, où deux blocs de latrines scolaires (filles/garçons) ont été construits, avec des aménagements pour les personnes à mobilité réduite. Le directeur de l’école, M. Bédounou, se réjouit : « Avant, les enfants faisaient leurs besoins dans la nature. Aujourd’hui, ils disposent de toilettes propres et séparées, ce qui va améliorer l’hygiène, la santé et surtout la rétention des filles à l’école. »

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M. Bédounou, Directeur d’une école bénéficiaire de bloc de latrines à Koupéla avec accès pour personnes à mobilité réduite – Crédit : Lefaso.net
M. Bédounou, Directeur d’une école bénéficiaire de bloc de latrines à Koupéla avec accès pour personnes à mobilité réduite – Crédit : Lefaso.net

Au cœur de l’expertise d’IRC : faire durer les services

Réaliser ou réhabiliter des infrastructures, aussi essentielles soient-elles, ne suffit pas. La véritable transformation vient avec la capacité à faire fonctionner les services durablement, tous les jours, pour tous. C’est là qu’intervient l’expertise d’IRC. En complément des travaux d’infrastructure, IRC accompagne les communes et la direction régionale de l’eau pour mettre en place des contrats d’affermage, conformément aux normes nationales. Cette contractualisation vise à confier l’exploitation à des professionnels qualifiés, tout en garantissant le recouvrement des coûts d’exploitation et d’amortissement.

Daouda Ouédraogo, chef du service régional de l’assainissement, le rappelle : « Les panneaux solaires peuvent tenir 15 à 20 ans, le château d’eau aussi. Mais la pompe, elle, devra être remplacée dans cinq (5) ou six (6) ans. Qui le fera, si aucun mécanisme n’a été prévu ? » D’où l’importance d’un modèle de gestion structuré.

Comme le rappelle Gilbert Bassolé, Coordonnateur des projets d’IRC Burkina, « l’approche défendue par IRC s’appuie sur trois piliers : la professionnalisation de l’exploitation, la responsabilisation des communautés, et l’alignement avec les politiques nationales. Le rôle de la commune est de contractualiser. Celui de l’exploitant est d’assurer un service régulier, efficace et de qualité. Celui des usagers est d’assurer la sécurité des ouvrages, de payer leur consommation, et d’adopter de bonnes pratiques d’hygiène. »

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Gilbert Bassolé, Coordonnateur des projets d’IRC Burkina, expliquant aux journalistes les dispositions prises pour la gestion durable des ouvrages d’eau potable et d’assainissement dans le cadre du projet. Crédit : Lefaso.net
Gilbert Bassolé, Coordonnateur des projets d’IRC Burkina, expliquant aux journalistes les dispositions prises pour la gestion durable des ouvrages d’eau potable et d’assainissement dans le cadre du projet. Crédit : Lefaso.net

Une vision systémique de la durabilité des services

Ce projet s’inscrit dans une dynamique plus large portée par le ministère en charge de l’eau, qui vise à atteindre 80 % de desserte en zone rurale par bornes-fontaines d’ici 2030. L’approche développée dans la région du Centre-Ouest servira ainsi de référence pour d’autres territoires. Elle montre que le défi de l’accès universel ne peut être relevé qu’en combinant infrastructures, professionnalisation, engagement communautaire et accompagnement institutionnel.

À travers ce projet, l’Union européenne, IRC, Oxfam et leurs partenaires locaux montrent qu’il est possible de faire plus que construire : on peut bâtir des systèmes. Des systèmes qui tiennent, qui fonctionnent, et qui rendent la dignité aux populations.

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