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Published on: 11/03/2025

Dans un contexte de crises sanitaires et sécuritaires, la dépendance aux financements extérieurs fragilise la mise en œuvre des politiques publiques en matière d’assainissement. Pour répondre à cette problématique, Ringwendé Marie Hortense SANDWIDI, dans le cadre de son mastère spécialisé en assainissement non collectif à l’Institut 2iE, a réalisé une étude approfondie sur les mécanismes de financement endogène pour l’assainissement familial au Burkina Faso. Cette recherche a bénéficié de la supervision d’experts d’IRC WASH au Burkina Faso, notamment dans le cadre d’un stage de recherche appliquée.

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Latrine familiale améliorée en chantier à Pouytenga pour de meilleures conditions d’hygiène (Ph, IRC, 2019)
Latrine familiale améliorée en chantier à Pouytenga pour de meilleures conditions d’hygiène (Ph, IRC, 2019)

Contexte et enjeux

L’étude rappelle que le Burkina Faso s’est engagé à atteindre les Objectifs de Développement Durable (ODD) en matière d’assainissement d’ici 2030 à travers le Programme National d’Assainissement, Eaux Usées et Excréta (PN-AEUE). Cependant, la dépendance aux bailleurs internationaux, combinée aux limites budgétaires de l’État et des collectivités territoriales, constitue un frein à la mise en œuvre des infrastructures nécessaires. Face à ce constat, l’étude explore des solutions de financement basées sur les ressources internes (financement endogène), considérées comme plus durables et autonomisantes pour les populations.

Résultats clés de l’étude

1. Les pratiques actuelles de financement endogène

L’étude identifie plusieurs mécanismes déjà existants, bien que sous-utilisés, notamment :

  • L’auto-financement des ménages, qui représente la principale source de financement des latrines familiales.
  • Les associations villageoises d’épargne et de crédit (VSLA), qui permettent de mobiliser des fonds communautaires pour des projets d’assainissement.
  • Les initiatives communales, telles que la taxation locale sur l’assainissement.
  • Les campagnes de mobilisation sociale, notamment via l’Assainissement Total Piloté par la Communauté (ATPC), qui incitent les ménages à investir dans des solutions adaptées.

2. Les défis majeurs

Malgré l’existence de ces solutions, plusieurs obstacles freinent la généralisation des financements endogènes, notamment :

  • La persistance de l’assistanat : De nombreuses familles attendent des subventions extérieures plutôt que d’investir elles-mêmes.
  • Le manque de sensibilisation aux impacts économiques et sanitaires de l’absence d’assainissement.
  • L’absence d’instruments financiers adaptés (microcrédits, subventions progressives) pour encourager l’investissement des ménages.
  • Le faible engagement des collectivités territoriales, qui ne disposent souvent pas des ressources pour structurer des fonds dédiés à l’assainissement.

3. Des solutions innovantes pour renforcer les financements locaux

Pour pallier ces limites, l’étude propose plusieurs pistes d’amélioration, dont :

  • Le renforcement des mécanismes d’épargne communautaire à travers une meilleure structuration des VSLA et leur intégration dans les politiques locales.
  • La mise en place de fonds municipaux dédiés à l’assainissement, alimentés par des taxes locales et des contributions privées.
  • L’adoption de modèles de co-financement progressifs, combinant subventions partielles et investissement personnel des ménages.
  • Le développement de partenariats public-privé, notamment avec les institutions de microfinance pour faciliter l’accès au crédit pour la construction de latrines.

Une étude qui alimente les réflexions stratégiques d’IRC WASH

Les conclusions de cette recherche viennent enrichir les réflexions menées par IRC WASH sur les stratégies de financement durable des services WASH au Burkina Faso. Elles mettent en lumière le rôle clé des financements endogènes dans la pérennisation des infrastructures et l’atteinte des objectifs d’assainissement au Burkina Faso. Cette étude ouvre également la voie à des expérimentations pilotes visant à tester des modèles de mobilisation de fonds locaux en collaboration avec les autorités locales et les acteurs communautaires.

Conclusion

À travers cette étude, Ringwendé Marie Hortense SANDWIDI souligne l’importance de repenser les stratégies de financement de l’assainissement en Afrique subsaharienne. Plutôt que de dépendre exclusivement de financements externes, elle recommande une approche hybride combinant épargne communautaire, taxation locale et partenariats innovants. Ces recommandations sont précieuses pour les décideurs et praticiens du secteur WASH, cherchant à garantir un accès équitable et durable aux services d’assainissement.

Pour en savoir plus, consultez l’étude complete qui est disponible sous More info à gauche de cet article.

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