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Published on: 20/02/2025

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Forage équipé de pompe manuelle à Parakou, août 2021. Crédit photo Noémie Lucrère Hountondji
Forage équipé de pompe manuelle à Parakou, août 2021. Crédit photo Noémie Lucrère Hountondji

Introduction

L’accès à une eau potable de qualité reste un défi majeur pour de nombreuses localités en Afrique de l’Ouest, où les disparités entre les centres urbains et les zones périphériques persistent. À Parakou, troisième plus grande ville du Bénin, les habitants des localités périphériques rencontrent des difficultés liées à l’accessibilité, la permanence du service et la gestion sécurisée des points d’eau.

C’est dans ce contexte que Noémie Lucrèce HOUNTONDJI, chercheuse à la Faculté d’Agronomie de l’Université de Parakou (FA/UP), a mené une recherche appliquée visant à analyser la qualité des services d’eau potable dans quatre localités périphériques de la commune : Bakpérou, Korobororou, Komiguéa et Tourou. Cette recherche a bénéficié de la collaboration de l’IRC WASH, avec le soutien de Juste NANSI et Ingeborg KRUKKERT, experts en gouvernance des services WASH.

Méthodologie de la recherche

Cette recherche repose sur une approche mixte combinant :

  • Un échantillonnage aléatoire simple pour le choix des localités, des forages et des prestataires de service.
  • Un échantillonnage par boule de neige pour sélectionner les usagers interrogés.
  • L’utilisation d’outils de collecte diversifiés, incluant des entretiens semi-structurés, des questionnaires et des observations participatives.

Au total, la recherche a permis d’étudier 10 forages à motricité humaine, d’interroger 10 prestataires de services et de recueillir les perceptions de 100 usagers. L’analyse des données a été réalisée à l’aide du tableur Excel pour la production de graphiques et tableaux, et des normes JMP (OMS/UNICEF) pour catégoriser les niveaux de service d’eau potable.

Principaux résultats de la recherche

1. Un accès à l’eau potable limité et inégal

  • 55 % des usagers ont accès à un service élémentaire, tandis que 45 % dépendent de services limités.
  • Les forages utilisés sont majoritairement situés à moins de 500 mètres des domiciles, mais avec un temps moyen d’attente de 30 minutes, incluant la file d’attente.
  • L’approvisionnement en eau n’est pas permanent dans toutes les localités, ce qui contraint certains ménages à recourir à des sources alternatives moins sûres.

2. Une gestion des services d’eau potable perfectible

  • Les usagers n’ont pas accès à des services gérés en toute sécurité, notamment en raison de l’absence de contrôles réguliers de la qualité de l’eau.
  • La gestion des infrastructures repose essentiellement sur des prestataires privés et des comités communautaires, dont la capacité de suivi et d’entretien demeure limitée.
  • Les pannes des forages sont fréquentes et leur réparation peut prendre plusieurs jours, voire plusieurs semaines dans certaines localités.

3. Facteurs influençant la perception de la qualité de l’eau

  • 31 % des usagers considèrent l’eau des forages comme étant de très bonne qualité, tandis que 59 % estiment qu’elle est bonne et 10 % la jugent mauvaise.
  • Des problèmes spécifiques ont été signalés dans certaines localités, notamment un goût salé de l’eau à Komiguéa et une turpidité accrue le matin à Korobororou Arabe.

Recommandations et perspectives

Les résultats de cette recherche suggèrent plusieurs pistes d’amélioration pour garantir un accès équitable et sécurisé à l’eau potable dans les zones périphériques de Parakou :

  1. Renforcement de la gouvernance locale des services WASH
    • Mise en place d’un système de suivi et de régulation des services d’eau potable à l’échelle communale.
    • Formalisation des rôles et responsabilités des prestataires et des comités de gestion communautaire.
  2. Amélioration de l’accessibilité et de la permanence du service
    • Réduction du temps d’attente et des distances en augmentant le nombre de forages fonctionnels.
    • Développement d’un modèle de maintenance préventive pour réduire la fréquence et la durée des pannes.
  3. Renforcement du contrôle de la qualité de l’eau
    • Mise en place d’un programme de surveillance régulière de la qualité de l’eau, en partenariat avec les laboratoires locaux et les services municipaux.
    • Sensibilisation des usagers aux bonnes pratiques de stockage et de traitement domestique de l’eau.
  4. Développement de solutions de financement innovantes
    • Expérimentation de modèles de paiement flexibles, permettant aux usagers les plus vulnérables d’accéder aux services d’eau potable.
    • Mobilisation de partenariats public-privé pour garantir la durabilité des infrastructures.

Conclusion

Cette recherche appliquée menée par Noémie Lucrèce HOUNTONDJI met en lumière les défis persistants liés à la fourniture des services d’eau potable dans les localités périphériques de Parakou. Elle offre également des pistes concrètes pour renforcer la gouvernance locale, améliorer la gestion des infrastructures et garantir une meilleure qualité de service aux populations.

En intégrant ces recommandations dans les politiques locales et nationales, les autorités béninoises et leurs partenaires pourront accélérer la réalisation de l’ODD 6, visant un accès universel à une eau potable de qualité d’ici 2030.

Pour en savoir plus, consultez la recherche complète dans la ressource disponible sous More info à gauche de cet article.

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