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Published on: 06/03/2025

Dans les provinces du Sanguié et du Boulkiemdé, au Burkina Faso, l’état des ouvrages d’assainissement dans les écoles reste préoccupant, compromettant à la fois l’hygiène et la scolarisation des élèves, en particulier des filles et des enfants en situation de handicap.

Dans le cadre de son mastère spécialisé en assainissement non collectif (ANC) à l’Institut 2iE, Bini Kobenan KOSSONOU a mené une étude visant à identifier les forces et faiblesses de la gestion actuelle des infrastructures sanitaires scolaires et proposer un dispositif de gestion adapté. Cette recherche a été réalisée sous la supervision d’experts d’IRC WASH Burkina Faso, avec l’appui d’OXFAM et le soutien de l’Union européenne.

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Toilettes scolaires non fonctionnelles et abandonnées dans une école (Ph, IRC, 2019)
Toilettes scolaires non fonctionnelles et abandonnées dans une école (Ph, IRC, 2019)

Une situation alarmante dans les écoles

L’étude, menée dans cinq communes des provinces du Sanguié (Réo, Zawara et Pouni) et du Boulkiemdé (Sabou et Sourgou), a permis de dresser un état des lieux détaillé de l’accès à l’assainissement en milieu scolaire :

  • 85,71 % des écoles disposent de latrines, mais 14,29 % n’en ont pas, obligeant les élèves à pratiquer la défécation à l’air libre (DAL).
  • 71,43 % des latrines sont insalubres, en raison d’un manque d’entretien et d’un usage inadapté.
  • 67,86 % des établissements ont des latrines séparées pour les filles et les garçons, un élément essentiel pour favoriser la scolarisation des jeunes filles.
  • Seulement 10,71 % des écoles disposent de latrines adaptées aux élèves en situation de handicap, malgré la présence d’enfants concernés dans 39,29 % des établissements.
  • 60,71 % des écoles ont accès à l’eau potable, principalement via des forages équipés de pompes à motricité humaine (PMH) ou des branchements au réseau de l’ONEA.
  • 67,86 % des établissements disposent de dispositifs de lavage des mains (DLM), mais seuls 3,57 % ont des installations adaptées pour la gestion hygiénique des menstrues (GHM), un problème majeur pour les jeunes filles en âge scolaire.
  • 42,86 % des écoles ne possèdent pas de bacs à ordures, compromettant l’hygiène des établissements.

Ces constats montrent que malgré des avancées en matière de construction d’ouvrages sanitaires, leur gestion et leur entretien restent des défis majeurs.

Les défis à relever

L’étude a mis en évidence plusieurs freins à une gestion efficace des infrastructures sanitaires scolaires :

  • Absence de modèles de gestion adaptés, entraînant un mauvais entretien des latrines.
  • Manque de financements et de coordination entre les acteurs éducatifs et les collectivités locales.
  • Sensibilisation insuffisante sur l’importance de l’hygiène et de l’entretien des ouvrages.
  • Absence de dispositifs spécifiques pour les filles et les élèves en situation de handicap, limitant l’accès équitable aux infrastructures.

Une solution innovante : la gestion déléguée par concession

Face à ces défis, Bini Kobenan KOSSONOU propose un modèle de gestion déléguée par concession, en alternative aux systèmes actuels de gestion par affermage, souvent inefficaces.

Principaux axes de la gestion déléguée par concession :

  1. Création d’un comité de gestion des ouvrages sanitaires scolaires : composé de représentants de l’administration scolaire, des collectivités, des associations de parents d’élèves et du secteur privé.
  2. Mise en place d’un système d’entretien et de suivi régulier : avec une tarification incitative et un financement partagé entre communes, écoles et partenaires techniques.
  3. Formation des acteurs locaux (enseignants, élèves, comités de gestion) pour une prise en charge durable des ouvrages.
  4. Intégration des élèves et des enseignants dans une dynamique de sensibilisation et d’appropriation des infrastructures sanitaires.

Ce modèle permettrait une meilleure responsabilisation des parties prenantes, une pérennisation des ouvrages et une réduction des coûts d’entretien à long terme. 

Une étude au service des politiques publiques locales

Cette étude, réalisée avec l’appui d’IRC WASH, constitue une référence clé pour les décideurs éducatifs et municipaux. En structurant la gestion des infrastructures sanitaires scolaires, elle contribue directement aux Objectifs de Développement Durable (ODD 6 - Eau et Assainissement) et à la réduction des inégalités en milieu éducatif.

L’intégration de ces recommandations dans les politiques communales et nationales d’éducation et d’assainissement pourrait améliorer significativement les conditions d’apprentissage des élèves et favoriser une école plus inclusive et hygiénique. 

Conclusion

À travers cette étude, Bini Kobenan KOSSONOU met en avant l’urgence d’une gestion durable et participative des ouvrages d’assainissement en milieu scolaire. Ses recommandations soulignent l’importance :

  • D’une gouvernance locale renforcée.
  • D’un financement pérenne et partagé des infrastructures.
  • D’une implication active des élèves et du personnel éducatif.
  • D’une prise en compte des besoins spécifiques des filles et des élèves en situation de handicap.


Pour en savoir plus, consultez l’étude complete qui est disponible sous More info à gauche de cet article.

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